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WSWS dénonce la fausse information selon laquelle ce serait la fin de covid

mercredi 22 juin 2022, par Robert Paris

Le déni de la COVID et la réalité :

La menace grandissante des sous-variants d’Omicron

Contrairement à la propagande incessante de l’establishment politique et des médias bourgeois de presque tous les pays, la pandémie de COVID-19 n’est pas terminée et va s’aggraver dans les semaines et les mois à venir.

Les sous-variants Omicron BA.4 et BA.5, hautement infectieux, résistants aux vaccins et pathogènes, sont en train de devenir rapidement dominants au niveau mondial et menacent de provoquer une nouvelle vague d’infections et de décès. Cette situation se produit dans des conditions où presque tous les gouvernements du monde, à l’exception de la Chine, ont démantelé l’infrastructure qu’ils avaient mise en place pour suivre et ralentir la propagation du virus.

Dans un processus analogue à celui du capitaine d’un bateau qui coule et qui exige qu’on jette tous les gilets de sauvetage par-dessus bord, depuis le début de cette année, on a levé le port obligatoire du masque, on a considérablement réduit les tests, on a supprimé les programmes de recherche des contacts et on a adapté les directives sur l’isolement, la quarantaine et les voyages aux besoins des grandes entreprises. La devise de l’élite dirigeante est devenue : « Se boucher les oreilles, se fermer les yeux, et faire semblant que la COVID n’existe pas. »

Maintenant un gouffre incroyable existe entre ce monde fictif de la fabrication du mythe bourgeois, où la COVID-19 est censée avoir disparu, et le monde réel dans lequel des millions de personnes sont infectées, des milliers meurent dans le monde chaque semaine et un nombre incalculable de personnes sont handicapées à cause de la COVID longue. Cette conspiration des gouvernements mondiaux et des médias a dégénéré en une très importante opération de camouflage impliquant des efforts systématiques pour manipuler les données et arrêter les rapports sur le COVID-19. Tragiquement, la propagande a induit en erreur des millions de personnes qui se promènent désormais sans masque, comme si le virus pouvait tout simplement disparaître si on le souhaitait.

Les politiques criminelles mises en œuvre par les gouvernements capitalistes au cours des sept derniers mois ont préparé le terrain pour que la COVID-19 devienne une caractéristique permanente de la société mondiale. Les vagues récurrentes d’infections, de décès et de débilités massives dues à la COVID-19 seront acceptées comme la « nouvelle normalité ». Il est devenu presque impossible de prévenir l’infection, et nombre de nos lecteurs connaissent probablement plusieurs amis, membres de leur famille, collègues ou voisins qui souffrent actuellement de la COVID-19 ou en sont morts.

Pour mettre la pandémie en perspective, elle est encore plus terrible que les fusillades dans les écoles qui ont provoqué une immense indignation aux États-Unis et dans le monde. Bien que les médias n’en parlent pas, c’est un fait que le nombre de jeunes qui meurent de la COVID-19 est bien plus élevé que celui des fusillades dans les écoles.

L’horrible massacre d’Uvalde, au Texas, où la police est restée sans rien faire, a suscité l’indignation. Mais la même politique fondamentale est menée à grande échelle par les gouvernements du monde entier et les responsables de la santé qui ont consciemment mis en œuvre des politiques de réouverture des écoles qui ont infecté des centaines de millions d’enfants dans le monde, tuant plus de 1.500 enfants aux États-Unis et des dizaines de milliers d’autres dans le monde.

Afin d’arrêter cette catastrophe qui s’aggrave, la classe ouvrière internationale doit assimiler les leçons politiques de la pandémie et comprendre les dangers permanents qu’elle représente. Ce n’est que par le développement d’un mouvement de masse unifié des travailleurs de chaque industrie qu’il sera possible d’éliminer le SRAS-CoV-2 à l’échelle mondiale, arrêter la pandémie et jeter les bases d’une vaste amélioration de la santé publique.

Les dangers des sous-variants Omicron BA.4 et BA.5

Cinq sous-variants Omicron sont devenus dominants dans différents pays du monde depuis novembre dernier. Depuis fin décembre, les sous-variants BA.1 et BA.2 ont causé une surmortalité estimée à 3,6 millions de personnes dans le monde, selon The Economist.

Début mars, les sous-variants Omicron BA.4 et BA.5 sont rapidement devenus dominants en Afrique du Sud, provoquant une autre vague d’infections et de décès malgré le fait que 98 pour cent de la population avait des anticorps qui proviennent d’infections ou de vaccinations. De manière significative, un pourcentage plus élevé d’enfants que de personnes âgées a été hospitalisé pendant cette vague.

Les sous-variants Omicron BA.4 et BA.5 sont dominants ou en voie de le devenir dans presque tous les pays qui suivent le nombre de cas causés par les variants, y compris à travers l’Europe, l’Amérique du Nord et l’Australie, ainsi que dans de nombreux pays d’Amérique du Sud, d’Afrique et d’Asie. Cette situation se produit dans des conditions où les taux de vaccination mondiaux ont atteint un plateau et où les anticorps ont diminué pour la majorité de la population mondiale.

Une étude récente du laboratoire Sato au Japon, l’un des meilleurs laboratoires de virologie au monde, a révélé que les BA.4 et BA.5 sont plus pathogènes que les BA.1 et BA.2 et que les vaccinations ou les infections antérieures par BA.1 ou BA.2 offrent très peu de protection contre les infections par BA.4 ou BA.5. Il en résulte que la plupart des milliards de personnes qui viennent d’être infectées par BA.1 ou BA.2 sont maintenant susceptibles d’être infectées de nouveau par BA.4 ou BA.5. De plus, ces réinfections seront probablement plus graves.

Le mois dernier, le BA.5 est devenu dominant au Portugal et a provoqué une grande vague d’infections, d’hospitalisations et de décès approchant le niveau du BA.1 au cours de l’hiver, malgré le fait que le Portugal ait l’un des taux de vaccination les plus élevés au monde. Les taux de positivité des tests sont désormais supérieurs à 50 pour cent, ce qui indique une transmission continue et généralisée, bien supérieure aux chiffres officiels.

Il est impossible de prédire avec précision combien de personnes seront infectées ou mourront d’un variant donné, mais il est très probable que les sous-variants BA.4 et BA.5 provoqueront une vague importante d’infections et de décès dans une grande partie du monde au cours des prochains mois. La tendance générale est à l’évolution de variants génétiquement plus divers et plus dangereux et il est toujours possible qu’un nouveau variant conserve la transmissibilité et les capacités de résistance immunitaire des sous-variants Omicron tout en étant beaucoup plus pathogène et mortel.

La COVID longue et la pandémie : un « événement handicapant de masse »

Au-delà de l’impact immédiat et horrible des infections et des décès massifs, les ramifications sanitaires à long terme de la stratégie « endémique » sont presque incalculables. On a identifié le phénomène de la COVID longue durée par les patients il y a plus de deux ans, mais il a été presque entièrement ignoré par les médias et les politiciens capitalistes. Comme pour la science de la pandémie en général, la population générale comprend très peu les risques sociétaux profonds posés par la COVID longue durée.

Depuis 2020, les défenseurs de la COVID longue caractérisent avec justesse la pandémie comme un « événement handicapant de masse ». Au cours des derniers mois, la recherche sur la COVID longue durée a pris de l’ampleur, associant fermement l’infection par la COVID-19 à un risque accru de dommages à presque tous les organes du corps, ainsi que des risques de diabète, de plusieurs types de troubles neurologiques, de plusieurs catégories de maladies cardiovasculaires et plus encore.

Les risques de développer la COVID longue durée sont aggravés à chaque réinfection et ne sont que légèrement réduits par la vaccination. Dans une interview avec le World Socialist Web Site, le scientifique Arijit Chakravarty de « Fractal Therapeutics » a fait remarquer que « si le monde entier était vacciné demain et que nous passions seulement trois ans à “apprendre à vivre avec la COVID” dans le cadre de la stratégie actuelle, plus d’un milliard de personnes pourraient bien souffrir de la COVID longue durée ».

Les premiers impacts sociétaux de cet « événement handicapant de masse » peuvent être observés dans une étude « Solve Long COVID Initiative » qui estime qu’au 31 janvier 2022, environ 43 millions d’Américains adultes, soit 13,4 pour cent de la population adulte, étaient susceptibles de souffrir de la COVID longue. Parmi eux, environ 14 millions souffriraient de la COVID longue débilitante. Ils estiment que la charge financière totale, y compris les salaires perdus, les économies perdues et les frais médicaux, s’élève à environ 511 milliards de dollars. Ces estimations ne tiennent pas compte des cas de COVID longue durée qui se sont développés pendant la période Omicron.

Les impacts qualitatifs de ce scénario, notamment la capacité des patients à fonctionner au travail et à profiter de leurs loisirs, ne sont pas quantifiables. Depuis plus de deux ans, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et d’autres agences sanitaires nationales sont pleinement conscients de la COVID longue et des énormes dangers qu’elle représente. Néanmoins, ils ont consciemment choisi de poursuivre des stratégies d’infection massive.

La politique Zéro COVID de la Chine et la stratégie d’élimination mondiale

Le seul pays au monde qui a maintenu des mesures de santé publique pour empêcher la COVID-19 de se propager librement est la Chine, où une politique de Zéro COVID a sauvé des millions de vies depuis janvier 2020. Plus récemment, la société chinoise a vaincu le sous-variant Omicron BA.2, qui a ravagé Shanghai et d’autres régions du pays au début du mois de mars.

Les éléments clés de la stratégie d’élimination Zéro COVID sont les suivants :

Des tests de masse partout où des foyers apparaissent ;

Recherche rigoureuse des contacts pour identifier toutes les chaînes de transmission ;

Isolement et traitement sûrs de tous les patients infectés dans les établissements médicaux ;

Mise en quarantaine de toutes les personnes exposées à des patients infectés ;

La fermeture temporaire de tous les lieux de travail non essentiels et le passage à l’enseignement à distance dans toutes les écoles jusqu’à ce que l’épidémie soit contenue ;

La fourniture de masques et l’obligation d’un porter un dans tous les lieux publics ;

Des programmes de vaccination de masse ; et

Des restrictions strictes sur les voyages et la gestion des frontières pour empêcher l’importation de nouveaux cas.

Le fait que la Chine ait éliminé le sous-variant Omicron BA.2 hautement infectieux en utilisant ces mesures de santé publique de base réaffirme en pratique que l’élimination est à la fois possible et nécessaire. Si les mesures susmentionnées étaient mises en œuvre à l’échelle mondiale, combinées à l’amélioration des systèmes de filtration et de ventilation dans tous les espaces intérieurs, alors le SRAS-CoV-2 pourrait être éliminé dans le monde entier en quelques mois.

Les vaccins intranasaux, qui pourraient potentiellement fournir une immunité stérilisante pour prévenir totalement l’infection à la COVID-19, pourraient devenir une autre arme dans l’arsenal des mesures qui visent à stopper la pandémie. Trois de ces vaccins sont actuellement en phase 3 des essais sur l’homme. Mais s’ils réussissent, ils seront subordonnés aux mêmes intérêts de profit qui ont empêché la distribution mondiale des ARNm et autres vaccins existants.

La stratégie d’élimination doit également être adoptée pour éradiquer l’épidémie mondiale sans précédent de variole du singe, qui a rapidement infecté plus de 1.600 personnes dans plus de 40 pays à travers le monde, ainsi que les futures pandémies. Une importante étude publiée en avril a révélé que le changement climatique augmentera considérablement le risque que des virus déjà présents dans les populations animales se propagent aux populations humaines, comme cela s’est produit avec le SRAS-CoV-2 et d’autres virus.

La lutte pour éliminer le SRAS-CoV-2 au niveau mondial nécessite une lutte sociale et politique de masse de la classe ouvrière internationale. Fondamentalement, la lutte contre la pandémie et pour la santé publique n’est pas simplement une question médicale, mais avant tout une question politique, sociale et économique. De puissants intérêts financiers sont déterminés à bloquer la mise en œuvre des confinements rémunérés et de toutes les autres mesures nécessaires pour arrêter la transmission virale, car cela empiéterait sur les bénéfices records.

Des masses de travailleurs dans le monde entier ont été profondément touchées par la pandémie et une profonde radicalisation a eu lieu. Dans tous les pays, les travailleurs entrent en lutte contre la flambée du coût de la vie et la hausse des prix des denrées alimentaires qui ont été précipitées par la pandémie et exacerbées par la campagne de guerre des États-Unis et de l’OTAN contre la Russie. En plus de la menace d’infection, de débilitation et de mort que représente la COVID-19, des centaines de millions de personnes sont maintenant menacées de destitution et de famine sur tous les continents, tandis que le danger permanent d’holocauste nucléaire plane sur l’humanité.

La lutte des classes montante contre l’austérité capitaliste doit être imprégnée d’un profond sentiment antiguerre et d’une compréhension des mesures nécessaires pour arrêter la pandémie. L’expérience des deux dernières années et, en particulier, les sept derniers mois du variant Omicron et le déclenchement de la guerre en Ukraine démontrent de manière décisive que la lutte contre la pandémie, la guerre et l’anarchie du système capitaliste exige son renversement révolutionnaire et son remplacement par une société socialiste mondiale planifiée.

WSWS - Evan Blake

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