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La troisième guerre mondiale a commencé en Syrie et en Ukraine

jeudi 15 décembre 2016, par Robert Paris

La troisième guerre mondiale a commencé en Syrie et en Ukraine

Des groupes “rebelles” ont bloqué, en leur tirant dessus, les civils qui tentaient de fuir Alep mais les média occidentaux qui soutiennent ces prétendus « rebelles » se refusent à en faire état !!!

Les média ne montrent les horreurs d’Alep bombardée que pour mieux cacher les horreurs de Mossoul bombardée !!! Les deux camps impérialistes (Occident et Russie) ne valent pas plus cher l’un que l’autre en matière de droits de l’homme !!!

Les horreurs syro-russes ne peuvent pas cacher les horreurs syro-occidentales !!!

Le camp russe, c’est le dictateur Assad mais le camp occidental est dirigé par Al Nosra, filiale de Al Qaïda !!!

Et le camp russe vient d’avoir une première victoire, à Alep, suite aux défaites d’Ukraine et de Libye.

Les buts des deux camps n’ont rien à voir avec la défense des populations civiles, bien au contraire, rien à voir avec la lutte contre les terroristes, et tout avec le détournement d’une révolution syrienne pacifique, populaire et civile, comme celles de Tunisie et d’Egypte, en guerre entre les deux blocs…

Le terrorisme, qui consiste à terroriser et massacrer des civils innocents, ce n’est pas seulement le fait des groupes terroristes : c’est justement la méthode même des grandes puissances. Ont-elles fait autre chose en Ukraine en soutenant le massacre de civils désarmés au lance-flamme par des milices fascistes dont elles ont également appuyé l’entrée au gouvernement, sous prétexte de lutter contre l’influence russe sur un territoire qui faisait partie de son pays ? Que soutiennent-elles d’autres en appuyant Israël dans ses actions terroristes contre le peuple de Gaza, bombardant massivement écoles, hôpitaux et populations civiles, sous prétexte de lutte contre le terrorisme de groupes armés palestiniens ? Les Etats occidentaux, à commencer par les USA, la France et l’Angleterre font-ils autre chose en Irak où ils débutent par exemple une campagne de bombardements de masse sur la ville de Mossoul ? Ont-ils fait autre chose en Afghanistan ou en Irak, où ils prétendaient bombarder pour reconstruire, massacrer les peuples pour les sauver, détruire une dictature pour en construire en fait une autre, libérer les femmes pour les enchainer à nouveau… Et la paix n’arrive jamais, la guerre ne s’arrête jamais dans ces pays détruits, démolis, aussi bien matériellement que moralement ! La guerre n’entraîne que de nouvelles guerres, la prétendue destruction du terrorisme que de nouveaux terrorismes !

Aux peuples occidentaux qui se demandaient d’où venait que des terroristes les attaquent, les grandes puissances ont répondu qu’ils étaient haineux contre « notre civilisation », contre « notre démocratie », contre « nos valeurs », contre « notre culture ». Voilà des terroristes qui sont bien idéologiques, au point de détruire leur propre existence seulement en fonction de buts aussi abstraits. En réalité, ces groupes terroristes massacrent d’abord et avant tout des peuples ayant les mêmes origines qu’eux, la même religion qu’eux, le même mode de vie qu’eux, la même société qu’eux, la même histoire qu’eux. Ainsi, les victimes de ce groupe qui s’intitule mensongèrement « l’Etat islamique », et qui se moque parfaitement de religion même s’il se drape dedans pour cacher ses vrais buts et les véritables racines de sa formation, sont pour l’immense majorité des musulmans d’Irak et de Syrie. Les victimes d’Al Qaïda, elles aussi, sont essentiellement des musulmans vivant dans la même société. Tous ces groupes n’existeraient pas sans d’énormes financements extérieurs qui ne sont pas le fait des croyants mais celui de grands Etats. Et les puissances occidentales qui prétendent mener une guerre contre les groupes terroristes ne veulent même pas dire un mot contre les Etats qui arment et financent les terroristes pour la simple et bonne raison que ces puissances elles-mêmes arment et financent certains groupes terroristes ! L’essentiel des reproches que les USA et l’Europe font à l’intervention armée de la Russie en Syrie, c’est de bombarder , notamment à Alep, le groupe terroriste Al Nosra, filiale locale d’Al Qaïda qui se drape elle aussi dans l’intégrisme prétendument musulman, armée et financée par eux, sous le doux nom de « résistance syrienne contre Assad » ! La lutte du peuple syrien contre la dictature d’Assad n’avait rien à voir avec ces bandes armées. Elle était populaire, pacifique et révolutionnaire, comme tout le « printemps arabe », comme les soulèvements égyptien et tunisien. Et les grandes puissances ne risquaient pas de soutenir ces « printemps », elles qui avaient soutenu jusqu’au dernier instant les dictateurs Ben Ali et Moubarak ! Les puissances occidentales ont également soutenu la « Coalition arabe » autour de l’Arabie saoudite et des Emirats qui ont écrasé militairement les « printemps », notamment au Bahrein et au Yémen. Rappelons-nous que les USA de Bush avaient même cessé leur guerre contre Saddam en Irak lorsque les peuples d’Irak s’étaient eux-même soulevés pour le renverser. Ils avaient même rendu à Saddam sa garde présidentielle pour lui permettre de les écraser !


L’échec de l’accord russo-états-unien du 9 septembre et les débats du Conseil de sécurité qui ont suivi permettent de confirmer plusieurs hypothèses.

L’objectif stratégique actuel des États-Unis en Syrie est bien de couper la « route de la soie ». En préparant durant de nombreuses années, puis en plaçant au pouvoir le président Xi Jinping en mai 2013, la Chine a fait de la restauration de cet axe historique de communication son but principal. Cependant, la Chine étant devenue le principal producteur au monde, Xi a prévu de la doubler par une « nouvelle route de la soie » passant par la Sibérie et l’Europe orientale avant de rejoindre l’Union européenne.

En toute logique, les États-Unis organisent actuellement deux guerres par proxy, au Levant d’une part, en Ukraine d’autre part. L’installation du chaos en Syrie et au Donbass ne vise pas à satisfaire les théories cyniques de Leo Strauss, mais exclusivement à couper les deux trajets de la route.

Sans surprise, le président ukrainien Petro Porochenko est venu participer au Conseil de sécurité pour soutenir la délégation états-unienne accusant la Russie d’avoir bombardé un convoi humanitaire syrien.

D’autre part, l’accord russo-états-unien prévoyait que les États-Unis sépareraient les combattants « modérés » des « extrémistes » ; puis que ces « modérés » participeraient avec les deux Grands et l’Armée arabe syrienne à la neutralisation des « extrémistes » ; enfin qu’un gouvernement d’union nationale serait formé à Damas, sous la présidence de Bachar el-Assad, intégrant des représentants des « modérés » ayant participé à la bataille finale contre les « extrémistes ».

Or, rien n’a été fait en ce sens. L’engagement du secrétaire d’État John Kerry s’est avéré n’être qu’un vœu pieux. Washington n’a pas trouvé de combattants pour jouer le rôle des « modérés ». En réalité, tous les « modérés » sont des « extrémistes ». Il a donc fallu sauter sur l’occasion —voire l’organiser— du convoi humanitaire brûlé pour échapper à ses propres contradictions. La rhétorique du président Obama selon laquelle il soutient des Syriens qui se battent pour la Démocratie face à un régime qui les réprime ne correspond pas à la réalité. En 2013, le président Vladimir Poutine avait raison de railler les Occidentaux qui considéraient comme « modérés » les cannibales de l’Armée syrienne libre.

Enfin, cet accord manifeste que l’objectif de la Russie est d’anéantir les jihadistes qui se préparent ici à l’attaquer dans le Caucase. La solution négociée était idéale pour Moscou : elle mettait fin aux souffrances de son allié syrien, elle ouvrait une voie de communication pour son allié chinois, et l’assurait d’en finir avec le jihadisme international. A contrario, Moscou vient de vérifier que, depuis la guerre d’Afghanistan, le jihadisme est une arme états-unienne tournée contre lui et que Washington ne va pas l’abandonner. Bien sûr, les nouveaux jihadistes n’en ont pas conscience, mais ceux qui se battent avec l’aide des États-Unis depuis 38 ans ne peuvent pas ignorer n’être que des supplétifs du Pentagone.

Thierry Meyssan

Source : Al-Watan (Syrie)

La bataille d’Alep et l’hypocrisie de la propagande de guerre des État-Unis Par Bill Van Auken

Il y a deux ans cette semaine que le président Barack Obama a lancé la dernière guerre américaine contre l’Irak et la Syrie au nom de la lutte contre l’État islamique (EI). Le président américain présenta non seulement la nouvelle intervention militaire comme une continuation de la « guerre mondiale contre le terrorisme », mais encore comme une croisade pour les droits humains ; il invoqua le danger menaçant la population Yézidie en Irak et insista pour dire qu’il ne pouvait pas « fermer les yeux » lorsque les minorités religieuses étaient menacées.

Le bilan des victimes de cette prétendue intervention humanitaire est de plus en plus lourd. Selon un rapport publié cette semaine par le groupe Airwars pour marquer l’anniversaire, plus de 4.700 morts non-combattants civils ont été signalés dus aux frappes aériennes de la « Coalition conduite pas les Etats-Unis » (95 pour cent étant le fait de l’aviation américaine). Plus d’hommes, de femmes et d’enfants irakiens et syriens innocents ont été massacrés par les bombes américaines au cours de ces deux ans que le nombre total de soldats américains morts dans les huit ans de la guerre irakienne lancée par George W. Bush en 2003.

Tous les mensonges et prétextes de Washington au sujet de sa dernière guerre au Moyen-Orient et de la décennie et demie de guerres menées par Washington depuis le onze septembre 2001, ont été mis en pièces ces derniers jours alors que le gouvernement et les médias des États-Unis célébraient les prétendues victoires des forces « rebelles » dans la bataille pour le contrôle d’Alep, l’ancienne capitale commerciale de la Syrie.

Que l’offensive « rebelle » ait été organisée et dirigée par une organisation qui depuis des années constitue la branche syrienne d’Al-Qaïda et l’opération nommée en l’honneur d’un extrémiste sectaire sunnite qui a organisé le massacre de soldats alaouites syriens captifs, ne les a aucunement gêné. Voilà pour les balivernes sur le terrorisme et les droits de l’homme !

L’ampleur des avancées militaires effectuées par les forces sous la conduite d’Al-Qaïda à Alep est loin d’être claire. Celles-ci auraient cependant réussi à monter le siège de la partie ouest de la ville, qui est sous le contrôle du gouvernement et où vit l’écrasante majorité de la population. Les « rebelles » ont tué et mutilé des centaines de personnes avec des obus de mortier et d’artillerie.

Washington et ses alliés, les médias occidentaux et les groupes de défense des droits humains qui ont accusé le gouvernement syrien de Bachar al-Assad de crimes contre l’humanité pour avoir bombardé les jihadistes dans l’est d’Alep restent indifférents quand les terroristes soutenus par les impérialistes tuent des civils dans la partie ouest de la ville.

Une partie des médias occidentaux est allé jusqu’à célébrer les exploits des kamikazes « rebelles » pour avoir fourni un « avantage » stratégique aux milices soutenues par l’Occident. Parmi les récits les plus malhonnêtes et les plus hypocrites des récents combats il y a ceux du New York Times dont la couverture et la ligne éditoriale sont soigneusement calibrés pour servir les objectifs prédateurs de l’impérialisme américain.

Dans un article sur Alep, le Times écrit lundi que le défi lancé au contrôle du gouvernement syrien l’avait été par des « rebelles et leurs alliés djihadistes ». L’article poursuit ainsi : « Un facteur essentiel de l’avancée des rebelles durant le week-end était la coopération entre les groupes rebelles traditionnels dont certains ont reçu en secret un soutien en armes des États-Unis, et l’organisation djihadiste anciennement connue comme le Front Nosra, qui était affilié à Al-Qaïda. »

Le journal rapporte tout ceci avec la même désinvolture que s’il publiait un article sur feu l’artiste connu sous le nom de Prince. Le Front Nosra a pris le nom de Front Fatah al-Sham et a annoncé sa désaffiliation en bonne et due forme d’Al-Qaïda – avec la bénédiction de ce dernier – juste une semaine avant le lancement de l’offensive d’Alep.

Il y a tout lieu de croire que ce changement de marque a été réalisé en collaboration avec la CIA pour essayer d’assainir politiquement le soutien américain direct à une offensive menée par un groupe longtemps dénoncé par Washington comme organisation terroriste. Le Times ne nomme jamais aucun des « groupes rebelles modérés » qui, selon lui, se battent aux côtés des milices d’Al-Qaïda, suggérant qu’ils constituent une force progressiste libérale. En fait, l’un de ces groupes a récemment publié une vidéo qui montre ses combattants décapitant un enfant blessé de douze ans, et la quasi-totalité de ces groupes partage l’essentiel des perspectives idéologiques d’Al-Qaïda.

Le Financial Times de Londres a publié un des rapports les plus francs sur l’offensive "rebelle" à Alep, faisant remarquer qu’il « se peut qu’elle ait eu plus d’aide étrangère qu’il n’y paraît : les militants et les rebelles disent que les forces de l’opposition ont été renforcées par de nouvelles armes, de l’argent et d’autres fournitures avant et pendant les combats ». Il fait état de nombreuses colonnes quotidiennes de camions passant depuis des semaines la frontière turque avec armes et munitions, de l’artillerie et autres armes lourdes.

Le journal cite un diplomate occidental resté anonyme déclarant que les responsables américains soutenaient l’offensive conduite par Al-Qaïda « pour remettre de la pression sur la Russie et l’Iran », qui ont tous deux fourni un soutien militaire clé au gouvernement Assad.

Le Financial Times cite également un « analyste militaire » qui indique que le caractère des combats montrait que les forces d’Al-Qaïda avaient reçu non seulement des quantités massives d’armes, mais aussi une formation militaire professionnelle.

Il est significatif que pendant les combats à Alep, des photographies sont apparues de commandos britanniques lourdement armés opérant des véhicules de patrouille de longue portée dans le nord de la Syrie. Des unités américaines similaires sont également sur le terrain. Ces forces sont parmi les suspects les plus probables pour ce qui est de former les forces syriennes d’Al-Qaïda.

Elles ne feraient que reprendre les caractéristiques essentielles de l’opération impérialiste qui permit à Al-Qaïda de se développer il y a 30 ans. La CIA avait alors, en alliance étroite avec Oussama ben Laden, fournit un soutien similaire aux moudjahidins luttant pour renverser le régime soutenu par les soviétiques en Afghanistan.

Si le retour de flamme de cet épisode a fini par nous apporter le onze septembre 2001, l’opération actuelle en Syrie comporte des dangers beaucoup plus grands. Dans ce qui est maintenant qualifié ouvertement par les médias capitalistes de « guerre par procuration » où Al-Qaïda sert de force terrestre de l’impérialisme américain, Washington tente de renverser l’allié clé de la Russie au Moyen-Orient dans le cadre de préparatifs pour une guerre visant à démembrer et à subjuguer la Russie même.

La favorite dans la course à la présidence des États-Unis, la démocrate Hillary Clinton, a maintes fois signalé qu’elle avait l’intention de poursuivre une politique beaucoup plus agressive en Syrie et contre la Russie. Elle a fait d’accusations néo-McCarthyites contre la prétendue subversion du processus électoral américain par Vladimir Poutine une partie centrale de sa campagne.

Si Washington peut attendre jusqu’à l’inauguration du nouveau président en janvier prochain pour intensifier son agression, n’est pas établi. Les avancées « rebelles » à Alep pourraient être rapidement inversées et les combats pourraient bien aboutir à ce que les milices d’Al-Qaïda soutenues par les USA perdent leur dernier bastion urbain.

L’impérialisme américain n’est pas près d’accepter une nouvelle consolidation du gouvernement syrien aligné sur Moscou. La pression va inévitablement monter pour une intervention plus directe et plus massive des États-Unis, risquant un affrontement direct entre forces américaines et russes.

Quinze ans après le lancement de sa « guerre contre le terrorisme », Washington est non seulement directement allié avec la cible supposée de cette guerre, Al-Qaïda, mais se prépare à déchaîner sur l’humanité le plus grand acte de terreur imaginable, une troisième guerre mondiale.

Washington se prépare à la Troisième Guerre mondiale

Par Patrick Martin

Le complexe militaire et du renseignement américain est engagé dans des préparatifs systématiques pour la Troisième Guerre mondiale. Pour le Pentagone, un conflit militaire avec la Chine et / ou la Russie est inévitable, et cette perspective est devenue la force motrice de sa planification tactique et stratégique.

Trois audiences au Congrès américain mardi ont démontré cette réalité. Dans la matinée, le Comité des services armés du Sénat a tenu une longue audience sur la cyberguerre. Dans l’après-midi, un sous-comité du Comité des services armés de la Chambre des représentants a discuté de la taille et du déploiement actuelles de la flotte américaine de porte-avions, tandis qu’un autre sous-comité du même panel a discuté de la modernisation des armes nucléaires américaines.

Le World Socialist Web Site fournira un compte rendu plus détaillé de ces audiences, auxquelles a assisté un reporter du WSWS, mais certaines observations préliminaires peuvent déjà être faites.

Aucune des audiences n’a discuté des implications plus larges des préparatifs de guerre américains, ni de ce qu’une guerre majeure entre des puissances dotées d’armes nucléaires pourrait signifier pour la survie de la race humaine, et même pour la vie sur notre planète. Au contraire, ces audiences étaient des exemples de ce qu’on pourrait appeler la banalisation de la Troisième Guerre mondiale. Une guerre des États-Unis contre la Chine et /ou la Russie était l’hypothèse de base, et les témoignages des intervenants ainsi que les questions des sénateurs et des représentants, démocrates comme républicains, portaient sur les meilleures méthodes pour l’emporter dans un tel conflit.

Ces audiences font partie d’un processus continu. Les témoins ont parlé de leurs écrits et de leurs déclarations passés. Les sénateurs et les représentants ont fait référence au témoignage précédent d’autres intervenants. En d’autres termes, les préparatifs de la guerre mondiale, utilisant des armes cybernétiques, des porte-avions, des bombardiers, des missiles et toutes les autres armes disponibles, sont en cours depuis longtemps. Ces préparatifs ne sont pas une réponse à des événements récents, que ce soit en mer de Chine du Sud, en Ukraine, en Syrie ou ailleurs.

Chacune de ces audiences considère comme acquis un conflit majeur des États-Unis avec une autre grande puissance (parfois sans la nommer, parfois explicitement désignée comme la Chine ou la Russie) dans un laps de temps relativement court, des années plutôt que des décennies. Le danger du terrorisme sans cesse matraqué pour créer une panique de l’opinion publique, a été minimisé et dans une certaine mesure écarté. À un moment de l’audience du Sénat sur la cyberguerre, en réponse à une question directe de la démocrate Jeanne Shaheen du New Hampshire, les témoins du panel ont tous déclaré que leur plus grande préoccupation venait des États-nations, pas des terroristes.

L’un des intervenants à cette audience était le Dr Peter W. Singer répertorié comme un « stratège et collaborateur émérite » de New America, un groupe de réflexion de Washington. Il a intitulé son exposé, « Les leçons de la Troisième Guerre mondiale ». Il a commencé sa déclaration par la description suivante de ce conflit qu’il imagine :

« Des navires de guerre américains et chinois se livrent bataille en mer, usant de toutes les armes, des canons aux missiles de croisière et aux lasers. Des avions de combat furtifs russes et américains s’opposent dans l’air, avec des drones robotiques en auxiliaires. Des cyberpirates à Shanghai et dans la Silicon Valley se battent en duel sur les terrains numériques. Et les combats dans l’espace décident qui gagne dessous sur Terre. Ces scènes, sont-elles tirées d’un roman ou bien ce qui pourrait effectivement avoir lieu dans le monde réel après-demain ? La réponse est les deux ».

Aucune des audiences n’a donné lieu à un débat soit sur la probabilité d’une guerre majeure ou sur la nécessité de gagner cette guerre. Personne n’a contesté l’hypothèse que la « victoire » dans une guerre mondiale entre les puissances nucléaires soit un concept sensé. La discussion a été entièrement consacrée aux technologies, aux équipements et aux ressources humaines nécessaires pour que l’armée américaine l’emporte.

Ce fut tout aussi vrai pour les sénateurs et les représentants démocrates que pour leurs homologues républicains. Selon la coutume, les deux partis sont disposés sur les flancs opposés du président du comité ou du sous-comité. Sans cette disposition, il n’y aurait aucun moyen de déterminer le parti auquel ils adhèrent, tellement leurs questions et les opinions qu’ils exprimaient se ressemblaient.

Contrairement à la représentation de Washington dans les médias comme profondément divisé entre des partis aux perspectives politiques inconciliablement opposées, il y avait un accord bipartite sur la plus fondamentale de questions, la préparation d’une nouvelle guerre impérialiste mondiale.

L’unanimité des représentants politiques du grand patronat n’implique en aucun cas qu’il n’y ait pas d’obstacles à cette marche vers la guerre. Chacune des audiences s’attaquait, de différentes manières, à la crise profonde à laquelle est confronté l’impérialisme américain. Cette crise a deux composantes principales : le déclin de la puissance économique des États-Unis par rapport à leurs principaux rivaux, et les contradictions internes de la société américaine, avec l’aliénation grandissante de la classe ouvrière et en particulier des jeunes.

Lors de l’audience du sous-comité de la Chambre des représentants sur les porte-avions, le président a fait remarquer que l’un des intervenants, un amiral haut gradé, avait exprimé sa préoccupation au sujet « d’une marine à 11 porte-avions dans un monde où il en faudrait 15 ». Il y a tellement de défis auxquels est confronté Washington, a-t-il poursuivi, qu’en réalité il faudrait en avoir 21 – le double du nombre actuel, ce qui entraînerait la faillite même d’un pays avec beaucoup plus de ressources que les États-Unis.

L’audience du Sénat sur la cybersécurité a abordé brièvement l’opposition interne au militarisme américain. Le principal intervenant, le général à la retraite Keith Alexander, ancien directeur de la National Security Agency et ancien chef du CyberCommand du Pentagone, a déploré l’effet des fuites de l’ancien employé de la NSA, Edward Snowden et du soldat Chelsea Manning, déclarant que « les attaques d’initiés » étaient l’une des menaces les plus graves auxquels l’armée américaine était confrontée.

Le sénateur démocrate Joe Manchin de Virginie occidentale lui a demandé directement, en se référant à Snowden, « Faut-il le traiter comme un traître » ? Alexander a répondu, « Il doit être traité comme un traître et jugé comme tel ». Manchin hocha la tête vigoureusement, en accord évident.

Alors que les témoins et les sénateurs ont choisi d’utiliser les noms de Snowden et de Manning pour incarner « l’ennemi intérieur », ils étaient clairement conscients que l’opposition intérieure à la guerre est beaucoup plus large que ces quelques lanceurs d’alerte.

Ceci n’est pas simplement une question de la révulsion profonde chez les travailleurs en réponse à 14 ans d’interventions sanglantes impérialistes en Afghanistan, en Irak, en Somalie, en Libye, en Syrie, au Yémen et en Afrique du Nord, si importante soit-elle. Une guerre entre les États-Unis et une grande puissance comme la Chine ou la Russie, même s’il était possible d’empêcher son escalade en un échange nucléaire tous azimuts, impliquerait une mobilisation colossale des ressources de la société américaine, à la fois économiques et humaines. Cela signifierait de nouvelles réductions spectaculaires des conditions de vie du peuple américain, combinées avec un lourd tribut de sang qui tomberaient inévitablement et principalement sur les enfants de la classe ouvrière.

Depuis la guerre du Vietnam, l’armée américaine a fonctionné uniquement sur la base du volontariat, en évitant la conscription, qui a provoqué une large opposition et un défi direct dans les années 1960 et au début des années 1970. Une guerre non-nucléaire avec la Russie ou la Chine signifierait la réintroduction de la conscription et imposerait le coût humain de la guerre à chaque famille en Amérique.

Dans ces conditions, peu importe le renforcement des pouvoirs de la police et le recours à des mesures répressives contre les sentiments anti-guerre, la stabilité de la société américaine serait mise à l’épreuve. L’élite dirigeante américaine a profondément peur des conséquences politiques, et elle a raison de l’avoir.

Gorbatchev avertit que le conflit ukrainien pourrait déclencher une troisième guerre mondiale Par Niles Williamson

Mikhaïl Gorbatchev, le dernier président de l’Union soviétique, a accusé jeudi dernier les Etats-Unis d’avoir lancé une nouvelle guerre froide contre la Russie. Il a exprimé la crainte que le conflit ne dégénère en une troisième guerre mondiale nucléaire.

Gorbatchev a fait ses commentaires alors que les combats s’intensifient dans la région du Donbass, dans l’Est de l’Ukraine, entre les forces dirigées par le gouvernement de Kiev soutenu par les Etats-Unis et l’Union européenne et les séparatistes pro-russes.

« Pour parler franchement, les Etats-Unis nous ont déjà entraînés dans une nouvelle guerre froide en essayant ouvertement de suivre leur idée de triomphalisme, » a dit l’ancien dirigeant soviétique à Interfax. « Que va-t-il se passer maintenant ? Malheureusement, je ne peux pas être sûr que la guerre froide n’en devienne pas une véritable. Je redoute que [les Etats-Unis] en prennent le risque. ».

Il a critiqué les Etats-Unis et l’UE parce qu’ils insistaient pour imposer toujours plus de sanctions économiques contre la Russie. « On n’entend parler actuellement que de sanctions des Etats-Unis et de l’Union européenne contre la Russie, » a-t-il dit. « Ont-ils complètement perdu la tête ? Les Etats-Unis sont totalement ‘perdus dans la jungle’ et ils nous entraînent avec eux. »

Début janvier, Gorbatchev avait accordé une interview au magazine allemand Der Spiegel sur le conflit en cours entre les Etats-Unis, l’UE et la Russie au sujet de l’Ukraine. Tout en déclarant que c’était « quelque chose qu’il ne fallait même pas envisager, » Gorbatchev avait prévenu qu’une guerre majeure en Europe « mènerait inévitablement à une guerre nucléaire. » Il avait ajouté, « Si, dans cette atmosphère envenimée, l’un de camps perdait son sang-froid, alors nous ne survivrons pas les prochaines années. »

Toujours dans la même interview, Gorbatchev avait déploré que cette évolution des choses était le résultat de la construction par Washington d’un « méga empire » après la dissolution de l’Union soviétique.

En tant qu’initiateur, à la fin des années 1980, du processus de la restauration capitaliste sous la forme de la politique de la « perestroïka » et de « glasnost », Gorbatchev porte une énorme responsabilité pour la crise actuelle en Ukraine et pour l’expansion de l’OTAN. A l’époque, il avait affirmé que la poussée permanente de l’impérialisme vers la guerre avait été remplacée par la recherche de « valeurs humaines » universelles.

La décision de la bureaucratie stalinienne de sauvegarder ses propres intérêts en liquidant l’Union soviétique et en restaurant le capitalisme a permis à l’OTAN d’étendre son champ d’action jusqu’aux frontières occidentales de la Russie.

Gorbatchev n’est pas le seul à mettre en garde contre les dangers inhérents au conflit ukrainien. L’ancien secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger, qui a été mêlé à d’innombrables crimes de l’impérialisme américain, s’est exprimé jeudi dernier devant le Comité des forces armées du Sénat américain. Il s’est déclaré « mal à l’aise à l’idée de débuter un processus d’engagement militaire [en Ukraine] sans savoir où cela nous mènera et ce que nous ferons pour le maintenir. »

Kissinger, qui a 91 ans, a ajouté : « Je pense que nous devrions éviter d’entreprendre des démarches successives avant de savoir jusqu’où nous voulons aller. C’est un territoire situé à 300 miles (environ 700 km) de Moscou, qui a donc des implications spéciales en matière de sécurité. »

Les opérations impérialistes en cours en Ukraine, depuis le coup d’Etat de l’an dernier soutenu par les Etats-Unis et l’UE, et ayant à sa tête des fascistes, jusqu’aux combats actuels au Donbass, visent, tout comme les actuelles sanctions contre Moscou, à asseoir l’hégémonie américaine sur toute l’ancienne Union soviétique. En fin de compte, elles visent à faire éclater la Fédération russe elle-même en une série de semi-colonies, ouvrant ainsi la voie au pillage de ses vastes ressources naturelles.

Ces dernières semaines certains Etats de l’UE, notamment la France et l’Italie, avaient signalé qu’ils voulaient reprendre les relations diplomatiques avec la Russie, mais une attaque mortelle à la roquette sur la ville ukrainienne de Marioupol a contribué à remettre ces membres de l’UE au pas derrière le régime des sanctions.

Jeudi 29 janvier, une réunion en urgence des ministres des Affaires étrangères de l’UE a décidé de proroger jusqu’en septembre les interdictions de voyage et le gel des comptes en banque touchant 132 citoyens russes et 28 organisations. Les ministres des Affaires étrangères se réuniront de nouveau le 12 février pour discuter d’une escalade des sanctions économiques contre Moscou.

S’exprimant à l’issue de cette réunion, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a déclaré, menaçant, « Si une offensive en direction de Marioupol et d’autres régions a lieu, il faudra réagir par des mesures plus évidentes et plus sévères. » A la suite de la réunion de jeudi, Donetsk avait été soumis à de nouveaux bombardements à l’artillerie. Cinq civils au moins auraient été tués lorsque des obus de mortier ont touché une foule de plusieurs centaines de personnes faisant la queue devant un centre communautaire où on distribuait de l’aide humanitaire.

Deux autres civils auraient été tués par un obus de mortier tombé près d’un arrêt d’autobus. Les bombardements qui se sont poursuivis toute la journée de vendredi, à l’Ouest de Donetsk auraient tué au moins cinq autres civils.

Les séparatistes pro-russes poursuivent leur assaut contre un noeud ferroviaire clé situé entre Donetsk et Lougansk. Ils se sont emparés du village de Vuhlehirsk qui se trouve juste à l’Ouest de la ville de Debaltseve où 8.000 militaires ukrainiens au moins ont actuellement pris position. Si la population civile de cette ville de 25.000 habitants a pour la plupart été évacuée, sept civils au moins auraient été tués vendredi par des bombardements.

Semen Semenchenko, fondateur du Bataillon Donbass, une milice ukrainienne nationaliste qui a été intégrée à la Garde nationale ukrainienne, a rapporté que les forces soutenues par Kiev à Debaltseve avaient subi des tirs d’artillerie, de mortiers et de roquettes grad.

Les pourparlers de cessez-le-feu organisés sous les auspices de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) et devant reprendre vendredi n’ont même pas pu débuter. Vladislav Deinego et Denis Pushilin, les représentants des séparatistes pro-russes, ont annoncé qu’ils quittaient Minsk pour Moscou, le représentant de Kiev, l’ancien président Leonid Kuchma, n’étant pas venu.

Le gouvernement ukrainien et ses bailleurs de fonds aux Etats-Unis et dans l’UE se sont montrés peu intéressés à aboutir à un compromis avec les rebelles. S’exprimant la semaine passée au Conseil de sécurité des Nations unies, l’ambassadrice américaine Samantha Power a rejeté le dernier plan de paix russe qu’elle a qualifié de « plan d’occupation. »

Pour tenter de relancer à tout prix son économie et éviter les ravages d’une récession, la banque centrale russe a annoncé vendredi à la surprise générale qu’elle abaissait de deux points de pourcentage son taux directeur pour le ramener à 15 pour cent. Cette décision survient près d’un mois après qu’elle a relevé ce même taux d’intérêt de 6,5 points de pourcentage, le portant à 17 pour cent, pour tenter d’endiguer le déclin du rouble. La monnaie russe a perdu plus de 17 pour cent de sa valeur depuis le début de la guerre.

La décision soudaine de la Banque de Russie est un signe que le régime de sanctions, associé à l’effondrement des prix du pétrole, contribue à créer en Russie une crise politique et économique de plus en plus importante. Selon des rapports préliminaires des Services statistiques de la Russie, l’économie du pays n’a connu qu’une croissance de 0,6 pour cent en 2014. Citigroup estime que si le prix moyen du pétrole Brent reste déflaté, l’économie de la Russie se contractera de 3 pour cent en 2015.

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