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Les cabinets de conseil privés liés à Bil Gates et BigPharma ont piloté les politiques gouvernementales pro-covid CONTRE une éradication du virus et de vraies protections

jeudi 3 novembre 2022, par Robert Paris

Les cabinets de conseil privés liés à Bil Gates et BigPharma ont piloté les politiques gouvernementales pro-covid CONTRE une éradication du virus et de vraies protections

Comment la firme McKinsey a épaulé le gouvernement québécois dans son laisser-faire face au coronavirus

Dans une parfaite illustration de la dictature exercée par le grand capital sur la société, de récentes révélations ont montré comment l’un des plus grands cabinets de conseil au monde a déterminé les éléments essentiels de la réponse désastreuse du gouvernement québécois de François Legault à la pandémie de COVID-19.

Dans ses interventions auprès du gouvernement Legault, la firme McKinsey a formulé les principes qui allaient guider sa politique COVID : la priorisation des profits au lieu de la santé publique ; le recours exclusif à la vaccination au lieu d’une stratégie complète comprenant le dépistage, le traçage des contacts et le confinement ; et la réouverture prématurée et précipitée des écoles et des industries non essentielles pour renflouer les marchés financiers.

Le bilan de cette politique criminelle, pleinement endossée par le gouvernement fédéral canadien de Justin Trudeau, s’élève à près de 17.000 décès de la COVID au Québec et près de 46.000 à l’échelle nationale, des décès presque tous évitables – sans parler des quelque 20 millions de victimes de la pandémie dans le monde. Un enfant met de la terre sur un jeune arbre planté sur la dépouille d’un membre de sa famille, décédé de la COVID-19, au nord de Bogota, en Colombie, le 24 juin 2021. (AP Photo/Ivan Valencia, Dossier)

McKinsey est une société américaine qui emploie 30.000 consultants dans 130 bureaux répartis dans 65 pays et qui a un chiffre d’affaires annuel de 10 milliards de dollars. Des associés du cabinet-conseil deviennent d’importants fonctionnaires dans les gouvernements ou accèdent à des postes de direction dans les plus grandes entreprises du monde. McKinsey facture aux gouvernements et à la grande entreprise des frais exorbitants pour des conseils de « gestion stratégique » qui conduisent à la privatisation des services publics et à des attaques brutales contre la classe ouvrière.

Œuvrant auprès des entreprises et des gouvernements les plus réactionnaires, McKinsey a été impliquée dans un grand nombre de scandales. Elle a conseillé les fabricants de cigarettes alors qu’ils développaient sciemment un produit créant une plus grande dépendance. Elle était aux côtés de Purdue Pharma pendant que celle-ci mettait au point ses techniques de vente ultra-agressives de l’Oxycotin, l’antidouleur à la source de la crise des opioïdes aux États-Unis (en 2021, McKinsey a accepté de payer 600 millions de dollars aux États américains pour son rôle dans la crise). Et elle a épaulé la police des frontières américaines alors que Trump mettait en place ses brutales mesures anti-immigrants.

Le 30 septembre dernier, à quelques jours des élections québécoises du 3 octobre, Radio-Canada a révélé que le gouvernement de droite de la Coalition avenir Québec (CAQ) a payé plus de 6 millions et demi de dollars à McKinsey pour des services-conseils en relation avec la pandémie de COVID-19. Au terme de deux contrats conclus sans appel d’offre les 2 avril 2020 et 28 juillet 2021, la firme a joué un rôle clé dans la gestion de la pandémie au Québec en donnant des conseils au gouvernement Legault et à la Santé publique du Québec en matière de communication, d’achat d’équipements de protection, de stratégie de tests et de pénurie de personnel dans les Centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD).

Pendant quelques jours, les médias et l’establishment politique ont fait grand cas des aspects les plus évidents de la relation incestueuse entre le gouvernement et McKinsey : les honoraires de 35.000$ par jour, l’accès par la firme à des informations confidentielles, sa préparation de documents portant l’entête du gouvernement du Québec, son omission de dévoiler ses conflits d’intérêts au sujet du vaccin de Pfizer alors qu’elle travaille pour le géant pharmaceutique et le manque général de transparence du gouvernement Legault à l’égard du rôle de McKinsey.

Ces critiques étaient superficielles et hypocrites. Le chef du Parti conservateur du Québec, Éric Duhaime, un homme proche des milieux antivaccins qui a appuyé le mouvement d’extrême droite du « convoi de la liberté », a critiqué Legault par la droite et réclamé une enquête publique indépendante en raison du conflit d’intérêts avec Pfizer, espérant sans doute en profiter pour remettre en doute les bienfaits des vaccins. La cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, a appuyé cette demande d’enquête en insistant sur les sommes d’argent public payées à McKinsey, une critique peu crédible venant de cette multimillionnaire qui était chez McKinsey de 2007 à 2012 pour conseiller « les dirigeants de grandes sociétés ». Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire, le parti de la pseudo-gauche au Québec, a critiqué l’intervention de McKinsey du point de vue du nationalisme québécois en déplorant que le gouvernement Legault ait écouté une « firme internationale » plutôt que « les Québécois sur le terrain ».

Ces critiques visaient à camoufler l’élément le plus important contenu dans ces révélations, à savoir que les mandats confiés à McKinsey, alors que le Québec se trouvait au tout début de la pandémie, visaient à assurer le déconfinement et la réouverture de l’économie.

Le 2 avril 2020, la journée où le gouvernement Legault signe une entente avec McKinsey pour « mettre en place une méthodologie pour opérationnaliser les décisions entourant la levée des mesures de ralentissement de la pandémie COVID-19 », les personnes âgées meurent par dizaines chaque jour dans les CHSLD et la province enregistre l’un des taux de mortalité les plus élevés au monde.

Le 22 avril, McKinsey communique un plan élaboré avec la Direction de la santé publique (DSP) qui présente la réouverture des écoles comme « envisageable » et recommande, afin de faire accepter cette idée meurtrière à la population, une stratégie de « communication spécifique au sujet des enfants et de la reprise scolaire et des garderies » qui utiliserait des « acteurs influents de la santé » comme des pédiatres. Plus tard le même jour, Legault annonce qu’un plan sera bientôt présenté pour la réouverture des écoles. Le lendemain (23 avril), l’Association des pédiatres du Québec publie une lettre ouverte déclarant que « le retour progressif à la vraie vie [c’est-à-dire la réouverture des écoles et des garderies] pour nos enfants n’est pas seulement souhaitable, il est nécessaire ».

Les documents obtenus par Radio-Canada révèlent une panoplie d’autres exemples de convergences entre les « conseils » fournis par McKinsey dans le dos de la population et les « décisions » de la CAQ. Dès les toutes premières semaines de la pandémie, le cabinet-conseil orientait le gouvernement Legault vers la politique favorisée par le patronat et l’élite dirigeante : la réouverture de l’économie et la priorité absolue accordée aux profits sur les vies humaines. Cette politique criminelle sera brutalement appliquée par un gouvernement caquiste de droite qui se vante d’être favorable aux investisseurs.

McKinsey a joué un rôle clé dans la gestion de la pandémie par un grand nombre de gouvernements occidentaux, que ce soit en Europe (Allemagne, France et Grande-Bretagne), aux États-Unis où McKinsey a conseillé le gouvernement fédéral ainsi que de nombreux États et grandes villes, au Canada (Québec et Ontario) ou au Mexique. Il ne fait aucun doute qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg et que les relations entre McKinsey et d’autres gouvernements à travers le monde sont gardées secrètes.

Dans plusieurs cas, des pratiques douteuses ou carrément illégales ont été mises à nu – notamment en Ontario et en France – mais au-delà des relents nauséabonds de corruption et de fraude dans chaque relation prise individuellement, leur point commun est la mise en place de la même politique meurtrière des profits avant les vies.

McKinsey a également publié tout au long de la pandémie des rapports visant à présenter la réouverture précipitée de l’économie et le refus d’éliminer le virus comme raisonnables et même scientifiques. Le document : « De pandémique à endémique : comment le monde peut apprendre à vivre avec la COVID-19 » semait en novembre 2021 l’idée que le coût des mesures sanitaires nécessaires pour arrêter la propagation de la maladie était trop élevé, que « la plupart des sociétés […] devront apprendre à vivre avec la COVID-19 », laquelle doit être acceptée comme « un élément permanent du paysage des maladies infectieuses, ou endémiques, comme l’est aujourd’hui la tuberculose ».

Dans un autre rapport de juin 2022 intitulé « Quand la pandémie de COVID-19 va-t-elle prendre fin ? », McKinsey tente de donner des allures crédibles aux mensonges éhontés de la classe dirigeante, notamment que le virus est devenu « endémique », que les nouveaux variants sont « bénins » et que la maladie est devenue moins mortelle et pourra être contenue par une stratégie basée uniquement sur les vaccins et les autres médicaments tels que le Paxlovid.

En s’insérant auprès des gouvernements pour leur dicter la politique pandémique voulue par le grand capital et en lui donnant un vernis de légitimité dans ses publications, McKinsey a servi de fer de lance à l’offensive de la classe dirigeante capitaliste visant à garder l’économie mondiale ouverte pendant la pandémie, peu importe le coût en vies humaines.

Le crime principal de McKinsey n’est pas d’avoir préconisé l’utilisation de vaccins malgré un conflit d’intérêts ou d’avoir facturé des honoraires de 35.000$ par jour. C’est d’avoir travaillé intimement avec le gouvernement du Québec et d’autres gouvernements à travers le monde pour rejeter une politique d’élimination de la COVID basée sur la science en écartant les mesures strictes d’hygiène, de distanciation sociale et de confinement qui auraient pu sauver des millions de vies.

https://www.wsws.org/fr/articles/20...

Lire aussi :

https://ici.radio-canada.ca/nouvell...

Bill Gates, Big Pharma, OMS et McKinsey, des liens avérés

https://www.consultor.fr/articles/v...

https://www.vox.com/science-and-hea...

Covid-19 : on vous résume la polémique autour de McKinsey, le cabinet qui conseille le gouvernement français sur la stratégie vaccinale

L’influente firme de conseil américaine entretient des liens étroits avec le chef de l’Etat Macron. Mais elle n’est pas la seule à intervenir dans la campagne de vaccination mise en place par l’exécutif.

Qui a vraiment eu la main sur la gestion de la campagne de vaccination contre le Covid-19 en France ? Certains domaines de la stratégie vaccinale mise en place par le gouvernement ont été confiés au cabinet de conseil américain McKinsey, ainsi qu’à plusieurs autres cabinets (Accenture, Citwell et JLL), selon les révélations faites par Le Canard Enchaîné et le site Politico (en anglais) début janvier.

Ces prestations extérieures s’éleveraient à 2 millions d’euros par mois pour McKinsey, selon Le Point, et 1,2 million d’euros pour Accenture, d’après Mediapart. D’autres cabinets sont également sollicités, comme JLL Consulting, Roland Berger, ou Deloitte. On vous résume cette polémique et le rôle joué par ce très mystérieux cabinet Mckinsey qui murmurerait à l’oreille du président Emmanuel Macron.

Une "firme" très secrète et très influente

Le cabinet de conseil américain McKinsey, surnommé "la Firme", a été créé par James McKinsey dans les années 1920. Sa clientèle rassemble aujourd’hui tout le gotha : "des PDG, des ministres, des chefs d’Etat", énumère Le Monde (article abonnés), qui a publié une longue enquête sur "la Firme", vendredi 5 février. "Quand on fait appel à eux, il y a une part de snobisme, on achète aussi une réputation", explique un concurrent au quotidien du soir. Et la tarification des services s’en ressent. Grâce à son influence, le puissant cabinet affichait, en 2019, un chiffre d’affaires de 8,3 milliards d’euros, selon le magazine américain Forbes (en anglais).

Le siège social de McKinsey & Company France Inc. se trouve à Wilmington, dans l’Etat du Delaware (Etats-Unis) – qui est aussi le fief du nouveau président américain, Joe Biden. L’avantage de cette adresse, située bien loin de ses bureaux parisiens sur les Champs-Elysées ? Une société qui détient une boîte aux lettres dans cet Etat, sans y exercer d’activité réelle, est dispensée d’impôt sur les bénéfices. McKinsey ne paierait ainsi, selon les informations du Monde, qu’un forfait fiscal symbolique de 175 dollars par an.

"McKinsey est établi en France depuis 1964, et emploie ses salariés en contrat de travail de droit français. Le cabinet respecte l’ensemble des règles fiscales et sociales françaises applicables aux sociétés. Il déclare ses activités en France, et paie la fiscalité directe et indirecte due chaque année. Il s’acquitte des charges sociales au titre de ses salariés en France", précise de son côté à franceinfo la filiale française de McKinsey.

Des liens étroits avec Emmanuel Macron

La première rencontre entre Emmanuel Macron et McKinsey remonte à 2007. Le jeune énarque de 29 ans est alors inspecteur des finances et rapporteur général adjoint de la commission Attali, rappelle Le Monde. Emmanuel Macron "impressionne" l’assistance – composée de grands patrons, d’économistes ou d’intellectuels – durant les travaux de cette commission chargée de formuler des propositions pour "libérer" la croissance française, à la demande du président Nicolas Sarkozy. Parmi eux, se trouvent Eric Labaye et Pierre Nanterme, respectivement patrons de McKinsey France et d’Accenture, détaille le quotidien. Emmanuel Macron fait aussi la rencontre de Karim Tadjeddine, alors chef des consultants de McKinsey.

Avec ce dernier, Emmanuel Macron – qui a entre-temps intégré la banque d’affaires Rothschild & Cie – intègre en 2010 le conseil d’administration du think tank En temps réel. Ils y rencontrent Thierry Cazenave, avec lequel ils collaboreront quelques années plus tard sur son livre L’Etat en mode start-up (Eyrolles, 2016).

Aujourd’hui, Emmanuel Macron est chef de l’Etat. Il a créé après son élection, en novembre 2017, une direction interministérielle à la transformation publique (DITP) et placé à sa tête un certain Thierry Cazenave, qui supervise toutes les missions commandées aux cabinets de conseil privés, comme McKinsey. Quant à Karim Tadjeddine, il est justement chargé de ces missions pour l’Etat au sein du cabinet américain. Un "entre-soi qui dérange", écrit Le Monde. Selon le journal, la DITP, qui dispose d’un budget global de 100 millions d’euros sur le quinquennat, a pour l’instant dépensé 30,2 millions pour les seules prestations de consultants privés.

Durant la campagne présidentielle de 2017, les "MacronLeaks" ont également révélé la collaboration entre des membres de McKinsey et la République en marche, le parti lancé par le candidat Macron, rapporte Le Monde. Mais aucune trace d’une facture du cabinet dans les comptes de campagne du parti, consultés par le quotidien à la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP). LREM a assuré au quotidien qu’il ne faisait pas appel à des cabinets de conseil en stratégie "ni pour des missions facturées, car nous n’en avons pas les moyens, ni pour des missions ’pro bono’ [pour le bien public], car ce serait considéré comme un don d’une personne morale à un parti politique et c’est interdit par la loi". Un rôle important dans la campagne de vaccination.

Le 12 janvier, quelques jours après les révélations du Canard enchaîné et de Politico sur la sous-traitance de la logistique du plan de vaccination à McKinsey, Olivier Véran a été auditionné en commission à l’Assemblée pour justement détailler la stratégie vaccinale française.

Et il a évidemment été interrogé sur le cabinet de conseil américain. Réponse laconique du ministre : "Il est tout à fait classique et cohérent de s’appuyer sur l’expertise du secteur privé." Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement, avait été plus loquace en conférence de presse une semaine plus tôt, comme le note Politico.

L’embauche de consultants externes fournit "un soutien du secteur privé en plus de l’expertise de nos fonctionnaires, a-t-il expliqué. C’est dans ce contexte que nous avons utilisé (McKinsey). Comme vous le savez, la logistique est au cœur de la campagne de vaccination." Gabriel Attal a ajouté que "les cabinets de conseil sont utilisés depuis plusieurs années par plusieurs gouvernements lorsqu’ils élaborent et mettent en œuvre de grands projets nécessitant un soutien et des conseils stratégiques ou logistiques". De son côté, la direction générale de la santé a expliqué au Monde que McKinsey était chargé "du cadrage logistique, du benchmarking et de la coordination opérationnelle", sans donner davantage de détails.

Le Monde raconte que le 23 décembre lors d’une visioconférence organisée par Olivier Véran avec les directeurs d’hôpitaux choisis pour lancer le plan de vaccination, Maël de Calan, élu du Finistère embauché en 2018 par McKinsey, détaille la stratégie logistique retenue et dresse un état des lieux de la vaccination chez les voisins européens. Une présence qui étonne, alors que "pour le H1N1, en 2010, nous n’avons pas eu besoin d’autres compétences, on a tout géré en interne", remarque une personne haut placée au sein du ministère de la Santé. Ce recours à McKinsey et à d’autres cabinets s’expliquent aussi par rapport à l’urgence de la situation. "On peut avoir le sentiment qu’il y a eu une sorte d’effet de panique", souffle à Politico la députée Les Républicains Véronique Louwagie, rapporteure du budget sur plusieurs sujets santé. "Au moins deux associés et sept consultants de McKinsey travaillent sur la campagne de vaccination", avance l’article, qui pointe la dureté de la situation. "Une personne sur deux est en burnout", clame auprès du site d’informations un fonctionnaire du ministère de la Santé sous couvert d’anonymat. "Vous avez une crise, un confinement, plus le vaccin à gérer... Il est évident que nous avons besoin d’une aide extérieure."

"D’une manière générale, le recours à des cabinets de conseil ne me choque pas trop", observe Véronique Louwagie auprès de Politico. Mais "la fréquence me gêne, l’accélération (de ces derniers mois) aussi". Elle ajoute : "La question aujourd’hui est de savoir : est-ce qu’il est normal qu’une administration comme celle de la santé ne soit plus en capacité d’assurer un certain nombre de missions ?"

Une influence qui dépasse le cadre de la santé Aujourd’hui, selon Le Monde, le cabinet McKinsey "rend quelques services à la présidence de la République, mais gratuitement". En 2018, il était intervenu au sommet intitulé "Tech for Good" dans lequel Emmanuel Macron avait invité les patrons de Facebook, Google ou Uber. Le cabinet de conseil était chargé de préparer les débats et suivre le respect des engagements. Une autre mission "pro bono", une de ses spécialités. McKinsey intervient aussi auprès du ministère des Armées, qui échappe au contrôle de la DITP et dispose de sa propre enveloppe de 87 millions d’euros pour acheter des conseils, assure le quotidien. Le cabinet conseille le ministère sur sa transformation. McKinsey agissait déjà pour le compte de l’Etat à l’époque de Nicolas Sarkozy. Il avait conseillé le ministère de l’Identité nationale sur une "optimisation du processus de naturalisation". Cette question migratoire est une des marottes du cabinet américain puisqu’en 2017, le député Aurélien Taché, alors membre de LREM, est chargé par le gouvernement d’un rapport sur la politique de l’immigration. Il auditionne le cabinet pour son "approche comparée avec l’Allemagne", explique aujourd’hui au Monde le coprésident du parti Les Nouveaux démocrates. A l’époque, outre-Rhin, le cabinet avait travaillé avec le gouvernement d’Angela Merkel sur l’accueil des migrants.

https://www.francetvinfo.fr/sante/m...

McKinsey, Accenture, Capgemini… : les cabinets de conseil ont été omniprésents sous Macron

Jamais les cabinets de conseil n’avaient eu autant d’influence sur la décision publique que sous la présidence Macron, révèle le rapport d’une commission d’enquête sénatoriale. De la gestion de la crise sanitaire à la réforme des aides personnalisées au logement, des consultants grassement payés sont intervenus dans presque tous les dossiers majeurs du quinquennat.

La facture fait grincer des dents. En 2021, l’État a dépensé plus d’un milliard d’euros pour des prestations de conseil particulièrement opaques. Depuis 2018, ces dépenses ont doublé, selon le rapport explosif de la « commission d’enquête sénatoriale sur l’influence des cabinets de conseil sur les politiques publiques », rendu le 17 mars dernier. Pendant quatre mois, ce groupe de parlementaires s’est penché sur les prestations réalisées par les méconnus du grand public mais très puissants cabinets McKinsey, Accenture, Capgemini ou encore PwC.

Leur rapport, adopté à l’unanimité par les groupes politiques du Sénat, décrit un « phénomène tentaculaire » et inédit en France. Si elle n’est pas nouvelle, l’influence de ces acteurs privés semble s’être largement accentuée depuis le début du quinquennat Macron. Dès novembre 2017, le président a notamment créé une Direction interministérielle à la transformation publique (DITP), qui contracte à tour de bras avec ces cabinets. Presque tous les chantiers majeurs du quinquennat ont été menés avec le concours de ces consultants qui coûtent en moyenne 2 168 euros par jour. Mais pour la commission d’enquête, leurs résultats sont plutôt mitigés. Retour sur les exemples les plus frappants de cette nouvelle « dépendance » de l’État.

McKinsey, la « clé de voûte de la campagne de vaccination » C’est peu dire que l’État semble avoir beaucoup de mal à assumer le recours massif aux cabinets de conseil pendant la crise sanitaire, et notamment à McKinsey. « La Firme » – comme l’appellent les initiés – ne serait intervenue qu’en guise de « renfort en ressources humaines pour participer à la mise en exergue des enjeux logistiques », selon la réponse cryptique du ministère de la Santé, à la commission d’enquête sénatoriale. Or, celle-ci constate une « intervention massive pendant près d’un an ». Une activité presque complètement masquée. Alors que plus de 40 millions d’euros ont été versés à des prestataires pendant la crise sanitaire, dont McKinsey.

Très discret, McKinsey écrit dans un devis du 20 décembre 2020 : « notre intervention restera confidentielle et tous nos documents seront réalisés au format du ministère ». Ainsi, son logo n’apparaît pas sur les documents officiels que le cabinet a rédigés. Ni vu, ni connu. Des consultants ont pourtant été intégrés directement dans des équipes de cellules de crises, selon les investigations de la commission d’enquête. Témoins, les adresses mails dont certains ont même disposé dans les ministères pour lesquels ils travaillaient. « Comment évaluer les prestations des consultants lorsqu’ils interviennent dans les mêmes équipes que les agents publics ? », se demandent les sénateurs dans leur rapport.

Une opacité qui soulève un problème de déontologie, selon les parlementaires. « Parmi les plus de 5 000 fichiers transmis par le ministère, la commission d’enquête n’a retrouvé que cinq déclarations d’intérêts », écrivent-ils. Plus de 11 000 journées de consultants ont pourtant été facturées lors de la crise sanitaire, ce qui aurait nécessité bien plus que cinq déclarations selon les parlementaires. Aucun moyen donc pour remédier à d’éventuels conflits d’intérêts. Difficile aussi de savoir si les cabinets peuvent réutiliser à des fins commerciales les données sensibles traitées lors de leurs missions pour le compte de l’État.

McKinsey a ainsi été la « clé de voûte de la campagne de vaccination », selon le rapport de la commission d’enquête du Sénat. Le cabinet américain – qui n’a pas payé d’impôts en France depuis une dizaine d’années – est intervenu notamment dans le domaine de la logistique. Une compétence qui semble manquer cruellement à l’administration.

Dès le mois de décembre 2020, McKinsey s’est ainsi engagé à « proposer (…) une stratégie logistique » pour mettre en œuvre la campagne de vaccination, selon un devis publié par la commission d’enquête. Censée durer « trois semaines », l’intervention de McKinsey « va finalement durer plus d’un an, ce qui représente 7 commandes d’un montant total de 11,63 millions d’euros », relève le rapport. Une forme de dépendance à ses services, que la commission d’enquête explique notamment par l’absence de préparation de l’État à une crise d’une telle ampleur.

Tout au long de la campagne de vaccination, le cabinet de conseil a élaboré des modèles de suivi des livraisons des doses de vaccin et d’injections. Plus intrigant, McKinsey sera aussi sollicité pour rédiger des notes adressées au président de la République. « La teneur exacte [de ces notes] n’est pas connue », relèvent les sénateurs. Toutefois, la commission prend soin de préciser que rien ne leur permet de conclure que McKinsey est intervenu dans les choix médicaux ou scientifiques du gouvernement.

Mesure phare du quinquennat Macron, la réforme des APL (aides personnalisées au logement) a fait beaucoup de perdants. Selon un rapport sénatorial publié fin 2021, un tiers des bénéficiaires a perdu en moyenne 73 euros d’allocations. Ils risquent d’être ravis d’apprendre que le cabinet McKinsey, appelé par le gouvernement pour s’assurer qu’une réforme du système était faisable, a empoché 4 millions d’euros, pour un résultat discutable. La réforme devait permettre un calcul plus rapide des allocations, en ajustant leur montant aux revenus des bénéficiaires en temps réel. Mené au pas de charge, le projet était prévu pour entrer en vigueur en janvier 2019. Sauf que la réforme a été considérablement ralentie par d’importantes lacunes informatiques.

Dès la fin de l’année 2018, c’est le cabinet McKinsey qui tire la sonnette d’alarme, dans un audit qui révèle « un défaut technique majeur de la solution informatique de la CNAF (Caisse nationale des allocations familiales) », relève le rapport de la commission d’enquête. En clair, le système informatique était incapable d’actualiser quotidiennement les allocations. La réforme sera reportée trois fois, pour entrer en vigueur en janvier 2021.

https://www.marianne.net/politique/...

Covid-19, conflit d’intérêts, réforme des retraites  : l’audition gênante de McKinsey au Sénat

https://www.marianne.net/economie/e...

Covid : entre le gouvernement et des cabinets de conseil, 11,3 millions d’euros de contrats

https://www.huffingtonpost.fr/polit...

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